Accueil | Contact |

2008 - No 2

La simplicité volontaire : un regard empathique

Immergés dans la société de consommation, de plus en plus de gens cherchent à briser l’étau qui les étouffe et à réaménager leur vie d’une autre façon en changeant leur rapport à la consommation. C’est cette rupture qu’on peut appeler la simplicité volontaire.

Ce n’est surtout pas simple, car se déprendre de la société de consommation exige un énorme travail sur soi et une transformation du rapport à autrui dans la mesure où les autres se perçoivent d’abord comme consommateurs. Ce n’est pas toujours volontaire à l’origine, car c’est souvent une situation d’échec ou de pénurie (perte d’emploi, maladie, dépression, divorce) qui amorce le processus de conversion. Au sens fort du terme, la simplicité volontaire n’est pas une simple résignation à une contrainte imposée. Elle est un choix et constitue un projet délibéré. Nous ne sommes pas ici dans une démarche ascétique. « Simplicité n’est pas non plus ascétisme ; c’est même presque son antithèse. L’ascète se prive volontairement des plaisirs de la vie matérielle dans sa recherche d’une vie spirituelle plus intense ; l’adepte de la simplicité volontaire ne fuit pas le plaisir ou la satisfaction, au contraire, puisqu’il cherche à s’épanouir pleinement, mais il a compris qu’il ne peut y arriver par les voies que lui offre la société de consommation1. »

Vue sous cet angle, la simplicité volontaire ressemble à une sagesse à la fois épicurienne et stoïcienne. C’est un art de vivre autrement en cherchant à briser la société de consommation de l’intérieur, mais sans la quitter. On pourrait en désigner les adeptes comme des drop-in plutôt que des drop-out. Le drop-out, par exemple le drogué, vit aux crochets d’une société qu’il déteste. Le drop-in conteste en restant. Il réforme sans se désolidariser complètement.

Lire la suite dans le document pdf...


La simplicité volontaire

Version imprimable
ByteCode - informatique libre